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Dans quelle mesure arrive-t-on à la mixité des métiers ?

17 % seulement des métiers sont considérés comme mixtes (en France selon la Dares).

Une double division du marché du travail s’observe selon le sexe :

  • Une ségrégation horizontale : les femmes et les hommes ne travaillent pas dans les mêmes métiers ni dans les mêmes secteurs d’activités. Il y a peu de femmes dans les filières suivantes : « Moteurs et mécanique auto », « Formations industrielles », « BTP », « Transport logistique »…
  • Une ségrégation verticale : les femmes et les hommes ne se situent pas aux mêmes places de la hiérarchie professionnelle. 80 % des temps partiel sont occupés par des femmes. Un écart salarial de près de 20 % au détriment des femmes est constaté dans le secteur privé et semi-public. En 2011 en France, la part des femmes parmi les dirigeants de société salariés est de 18 % contre 82 % d’hommes (plafond de verre).

La mixité se définit comme la coprésence d’hommes et de femmes. Un métier est dit « mixte » à partir du moment où il comprend entre 40 % et 60 % d’effectifs hommes et femmes.
La mixité des métiers peut être vue comme un vecteur de performance pour les entreprises (agir sur les difficultés de recrutement, conditions de travail) et pour les territoires (dynamiser un bassin d’emploi, améliorer l’efficience des dispositifs de retour à l’emploi). Elle peut aussi sécuriser les parcours professionnels des hommes et des femmes, grâce à l’élargissement des choix professionnels et reconversions atypiques.

Élargir les choix professionnels des demandeurs d’emploi et favoriser la mixité des métiers.

Les demandeurs d’emploi sont plus susceptibles d’orientations atypiques que les jeunes en formation initiale. Leurs choix d’orientation sont contraints par un ensemble de facteurs liés à des urgences personnelles. Un principe de réalité sous-tend la motivation des demandeurs d’emplois :

  • se diriger vers un métier ou un secteur qui recrute ;
  • pouvoir concilier la vie de famille et la vie professionnelle ;
  • exercer une activité compatible avec des préoccupations de santé ;
  • vers un projet de vie à plus long terme.

La construction des parcours professionnels comprenant des bifurcations atypiques s’opère selon différentes logiques :

  • rattraper un parcours contrarié en raison notamment de la prévalence de stéréotypes de genre ;
  • nouveau projet qui est source de découverte, de questionnements et de difficultés : opérer une bifurcation lors d’une transition sur le marché de l’emploi ;
  • continuité d’expériences avec un positionnement atypique marqué depuis la formation initiale (rupture ou pause du parcours : élever des enfants, mobilité géographique).

Tous les secteurs sont-ils favorables à la mixité ?

La stratégie d’action en faveur de la mixité s’appuie sur l’identification de secteurs ou de métiers aux dynamiques d’emploi prononcées (recomposition rapide des effectifs) qui peuvent avoir un effet d’entraînement pour l’ensemble des métiers (agir sur l’évolution des représentations et des stéréotypes).

Les enjeux pour la mixité des métiers sont différents suivant le secteur d’activité considéré. En effet, les secteurs très innovants (métiers du numérique, de la transition énergétique) sont favorables aux profils atypiques, en tant que source de valeur qui participe au développement du secteur. Tandis que les secteurs aux conditions de travail et d’emploi plus précaires (métiers du transport) considèrent la montée en mixité comme une question prioritaire en termes d’organisation du travail, de la sécurisation des parcours sur le long terme.

Voir aussi sur ce thème

La diversification des choix professionnels des femmes et des hommes
 

novembre 2016

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