Les métiers en tension : de quoi parle-t-on ?

Repérer les métiers en tension est un enjeu fort qui intéresse une multiplicité d’acteurs concernés par l’ajustement des compétences de la population active aux besoins des employeurs. Il peut s’agir de responsables de la mise en œuvre de dispositifs publics s’appuyant sur les besoins de main-d’œuvre, de formateurs et accompagnateurs de demandeurs d’emploi, d’entreprises devant faire face à des postes non pourvus, d’experts étudiant la persistance d’un chômage élevé et d’offres d’emploi insatisfaites, etc.

Parler de métiers en tension, c’est évoquer un déséquilibre entre offres et demandes d’emploi pour un métier donné. Leur repérage repose traditionnellement sur le calcul du ratio de tension, résultat du rapport entre offres et demandes, issu des données collectées par Pôle emploi. Ainsi, un métier est dit en tension quand les offres d’emploi émises sur le marché du travail (OEE) sont supérieures aux demandes exprimées par les personnes cherchant à s’insérer (DEE), ou que l’écart entre les deux est faible.

Les métiers en tension font partie des six notions abordées lorsqu’on travaille sur les besoins en recrutement des entreprises. Les cinq autres sont : le recensement des intentions d’embauche déclarées par les employeurs ; la comptabilisation des embauches effectivement réalisées ; le décompte des offres déposées à Pôle emploi ; l’estimation des emplois vacants, calculée d’après une convergence de sources ; la mesure des difficultés de recrutement telles que les employeurs les ressentent. Les statistiques, comme les discours, diffèrent selon la notion prise en compte, et amènent de la confusion au sein des débats sur les « tensions sur le marché du travail et les postes non pourvus ».

Si l’on se penche sur les métiers en tension, il faut s’intéresser aux limites du mode de calcul et aux réalités multiples qui peuvent recouvrir un déséquilibre constaté. Le rapport offres d’emploi sur demandes d’emploi, donne lieu à un « ratio de tension ». Un ratio supérieur à 1 signifie qu’il y a plus d’offres que de demandes et qu’il s’agit d’un métier en tension. Interpréter ce ratio demande de la prudence. Ce dernier est tributaire des variations saisonnières ou conjoncturelles ; des offres effectivement déposées à Pôle emploi ; des personnes en recherche d’emploi, inscrites ou non à Pôle emploi. L’indicateur de tension ne renseigne pas non plus sur la durée du contrat et les conditions de travail.

Certains métiers sont régulièrement en tension, on parlera alors de tensions structurelles. 54 sont dénombrés en PACA, comme par exemple les techniciens d’étude et de développement en informatique ou les infirmiers. Ces métiers sont très variés et tous les niveaux de qualification sont concernés. Pour appréhender les facteurs de tensions il est nécessaire de croiser le ratio avec d’autres indicateurs et de mener des analyses complémentaires. Un seul facteur, par exemple une pénurie de qualification, ne peut à lui seul expliquer les motifs de la tension, d’autant que les employeurs peuvent avoir du mal à décrire le profil du poste. Des métiers dits en tension peuvent ne pas présenter de difficulté de recrutement. La saisonnalité jointe à la précarité des contrats amènent de fréquents renouvellements dans le dépôt des offres et peuvent aussi gonfler la tension constatée.

Mieux identifier les facteurs de tension, métier par métier, permet de cibler les leviers d’action pertinents.

Voir aussi sur ce thème

Les métiers en «<small class="fine"> </small>tension<small class="fine"> </small>» : qu'en est-il en PACA<small class="fine"> </small>? - Questions métiers, n° 3
 

septembre 2013

L'apprentissage est-il une réponse aux besoins de qualification des entreprises<small class="fine"> </small>?
 

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