Lien entre formation et emploi exercé : de quoi parle-t-on ?

Existe-t-il un lien entre la formation préparée et le métier exercé ? Si oui de quelle nature est-il ? Relève-t-il de la spécialité de formation : un métier ne pourrait être exercé que si la personne a suivi une formation particulière (santé, mécanique, électricité, électronique, etc.) ? Relève-t-il du niveau de formation : pour exercer certains métiers, obtenir tel niveau d’étude serait plus important que la spécialité préparée ?

Aborder la question du lien emploi-formation, c’est interroger l’existence d’une adéquation entre la formation suivie et le métier exercé. C’est une question importante pour les décideurs qui mettent en place les politiques de formation, pour ceux qui œuvrent dans l’orientation professionnelle, comme pour tout un chacun en cours d’étude ou de reconversion.

La spécialité de formation a en fait un rôle assez secondaire. En effet, seulement 15 métiers sur une liste de 87 sont fortement liés aux spécialités de formation. Pour exercer ces métiers, il faut avoir suivi une formation dans une spécialité déterminée ou dans un éventail très précis de spécialités. Il peut s’agir de métiers réglementés (infirmiers, certains métiers de l’artisanat), aux compétences techniques pointues (travail des métaux) ou ayant un niveau d’expertise élevé dans leur discipline (ingénieur de l’informatique). Ces quinze métiers ne concernent que 20 % des emplois de la région.

Pour 80 % des emplois, la relation avec la spécialité est de moindre importance (55 métiers sur 87), voire inexistante (17 métiers sur 87). Dans ces métiers, les professionnels ont suivi des formations dans des spécialités variées. C’est en particulier le cas dans les métiers du commerce, de l’hôtellerie-restauration, du tourisme et transport. On y retrouve des métiers à forte capacité d’insertion ou des métiers pour lesquels l’expérience acquise est déterminante. Ainsi, pour la plupart des métiers, la correspondance immédiate avec la spécialité de formation ne joue pas.

Si la spécialité de formation a finalement un rôle assez secondaire, en revanche, ce n’est pas le cas du niveau de diplôme qui joue un rôle majeur sur le marché de l’emploi. Ainsi, l’importance du lien entre niveau de diplôme et métier se traduit par un constat : plus de la moitié des emplois régionaux sont fortement liés à un niveau de formation particulier. 50 métiers sur 87 présentent cette caractéristique, c’est-à-dire que pour exercer ces métiers, il faut avoir un certain niveau de diplôme. Le niveau de diplôme reste un critère essentiel pour les employeurs et le niveau d’accès à l’emploi varie selon les métiers.

Cette étude relativise fortement une vision adéquationniste du marché du travail en rappelant que la relation entre emploi occupé et formation suivie dépend de nombreux facteurs : aléas du marché du travail ; arbitrages individuels au regard de la pluralité des possibles, des opportunités professionnelles (lieu de travail proche, horaires adaptés) ; acquisition de nouvelles compétences par le biais de l’expérience ou de mobilités ; adaptation aux mutations technologiques ou organisationnelles ; développement d’un réseau professionnel, etc.

L’approche de la relation emploi-formation nécessite une observation au cas par cas. La vision trop strictement adéquationniste est rarement adaptée.

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Métiers-formations : quelles relations en Provence – Alpes – Côte d'Azur ?
 

février 2013

 

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